Le meilleur de la BD Intimiste

Vous pouvez retrouver mon intention et ma méthode de sélection (avec ma liste de BD Fantastique) sur ce lien.

Intimiste

Drame ou romance, laissant une grande place aux sentiments, dans un univers réaliste contemporain.

 

La plus classique (Série culte, souvent ancienne, qui résume à elle seule le genre)

Maus

Maus est un des grands classiques des comics indépendants américains et c’est la seul BD à avoir eu l’honneur de recevoir le prestigieux prix littéraire Pulitzer en 92. Il le mérite largement car derrière ce dessin peu engageant (mais justifié), ce cache un récit autobiographique bouleversant sur la shoah qui évite l’écueil du pathos. L’auteur y recueille les souvenirs de survivant des camps de son propre père sans jamais chercher à le ménager. Loin de l’hagiographie, on en ressort donc ému aux larmes mais plus conscient de l’horreur humaine des bourreaux ivre de pouvoir comme des survivants prêts à tout. Un immanquable !

Autre choix possible : Julien Boisvert


La plus récente (Nouvelle série exceptionnelle donc parfois encore en cours)

Face Cachée

« La vie de Satoshi uniquement rythmée par son travail de financier dans une société à Tokyo. Les journées sont longues, et il ne peut rejoindre sa famille (en banlieue) que durant les week-ends. Il passe ses nuits dans un capsule hôtel, parfois en sécrète compagnie de Mayumi, la jeune secrétaire de 26 ans qui elle rêve du grand amour malgré le divorce de ses parents.  Mais Janichi, le collègue arriviste et jaloux de Satoshi s’intéresse de très près à cette jeune fille et finit par deviner que les deux collègues sont amants. Il découvre également que le couple de Satoshi bat de l’aile, et compte bien en tirer profit. Mais les apparences sont encore bien plus trompeuses. Et Satoshi cache des choses qui pourraient s’avérer encore plus dangereuses pour lui si elles venaient à être sues. » Ce Récit plein de coups de théâtre, en deux tomes, cultive une atmosphère unique à mi-chemin entre le polar et le film d’auteur européen qui prend tout son sel avec sa révélation final. On y décèle alors la marque d’un grand scénario noir plein de finesse et de tendresse, gracieusement servie par l’ingénieux trait de dessin d’un Européen qui a su tirer l’essence expressive du manga.

Autre choix possible : Couleur peau de miel

 

La mieux dessinée (Esthétisme du trait et sens du découpage)

Muchacho

« Nicaragua, 1976. Secondé par la sinistre Guardia, « Tachito » Somoza règne en maître sur ce petit pays d’Amérique centrale. Jeune séminariste, fils d’une grande famille de Managua, la capitale, Gabriel peint le Christ, la Passion, les saints. Il est doué pour ça. C’est la raison pour laquelle on l’envoie exercer son art auprès de Ruben, le prêtre de San Juan, un petit village niché dans la montagne. Peu apprécié des villageois, parce qu’il est le fils de son père, Gabriel devra apprendre à les connaître et à les aimer, encouragé par un Ruben l’exhortant à les peindre tels qu’ils sont, hommes et femmes de chair et de sang. Ainsi, Gabriel découvrira la répression militaire contre les paysans, et contre lui-même le joug écrasant de sa sensualité. Pour lui comme pour les villageois, les temps sont à la révolte qui gronde et à la révolution qui couve… » Muchacho est une véritable ode à la liberté, politique ou sexuelle, qui saisit le souffle révolutionnaire et le ballet des corps de manière épique. Unique en son genre par son esprit aventureux tout en conservant une grande richesse dans la psychologie de ses personnages, ce récit est à la hauteur du somptueux travail de dessin et de colorations de son auteur.

Autre choix possible : Orange

 

La mieux scénarisée (Histoire mémorable et admirablement construite)

Le combat ordinaire

Marco, jeune photographe de guerre, écoeuré par la vision de trop d’horreurs, se retire du monde avec son chat pour essayer de se reconstruire. Hypocondriaque, il s’isole pourtant à la campagne sans pour autant pouvoir réellement fuir ses problèmes comme la maladie de son père, la pression de sa copine qui voudrait devenir sa femme, ou son engagement militant auprès des ouvriers grévistes de son enfance. Avec cette histoire du quotidien pleine d’humour et de tendresse, Manu Larcenet tisse l’une des plus belles pages de la bande dessinée, une réflexion unique sur le passage à l’âge adulte, l’acceptation de soi et notre rapport au monde. C’est simple et profond, accessible et plein d’humanité.

Autre choix possible : Un pas vers les étoile

 

La plus méconnue (Pépite injustement méconnue du genre)

Lydie

Avez-vous déjà entendu parler de « l’impasse du bébé à moustache » ? Ne cherchez pas ce bout de rue sur un plan, vous perdriez votre temps ! Seuls les habitants de l’impasse, les « moustachus »,  peuvent vous y conduire ! Ils partagent les joies et les peines du quotidien sous le regard d’une statuette de madone à l’enfant Jésus. Alors quand Camille, jeune femme simple d’esprit, perd sa petite Lydie tout juste née, tous les habitants la soutiennent. Ils sont solidaires à nouveau lorsque Camille leur annonce le retour miraculeux de sa petite fille. Mieux vaut un joli mensonge qu’une vilaine vérité, pensent-ils tous. Seulement qu’arrive-t-il quand la vérité reprend ses droits ? » Un conte réaliste, en un seul tome, sur une expérience collective et humaine d’une infinie beauté et justesse. On est touché par la noirceur des faits, la bonté crédible des personnages et la finesse du dessin.

Autre choix possible : Les années Spoutnik

 

La plus exotique (Originalité surprenante qui donne un nouveau souffle au genre)

Beck

Introverti et maladroit, Yukio n’ose pas aborder Izumi, la fille la plus populaire de son école. Il a pourtant du caractère, mais sa personnalité demande encore à naître. En sauvant un chien, il fait la connaissance de Ryûsuke, un guitariste charismatique qui l’invite à un concert de rock. C’est la première fois que Yukio entend cette musique et il en sort transformé ! Entraîné par ces nouvelles rencontres, il découvre alors le monde de la musique et n’aura plus qu’un seul véritable but : former un groupe. S’en suivent alors les éternels galères et hauts faits du rock entre problème financier, concert mémorable, querelle de groupe et histoire de cœur. Ainsi, on retrouve dans Beck tout le charme du genre manga, qui seul sait traiter l’adolescence avec autant de détails. En effet, en racontant cette histoire plutôt simple sur autant de pages (34 tomes de 250 pages), le mangaka peu développer d’innombrables anecdotes du quotidien à la fois banales et touchantes. On rentre donc dans l’histoire très facilement et l’on en ressort avec l’impression d’avoir des souvenirs de moments que l’on n’a pas vécu. Tout n’est pas parfait, car les tomes sont inégaux, mais l’expérience est unique et vaux le détour.

Autre choix possible : La vielle qui n’avait jamais joué au tennis

 

La plus noire (Force dramatique de l’intrigue et de ses personnages)

à la folie

« Voici l’histoire d’un petit couple ordinaire qui s’aime un peu, beaucoup, à la folie… C’est un récit à deux voix. Celles d’un homme et d’une femme qui racontent comment leur couple s’est enfoncé dans la violence. Un récit au quotidien, presque sans acrimonie, qui n’occulte pas pour autant violences physique et psychologique. Ils se sont rencontrés, il y a quelques années et mariés, rapidement. L’homme gagne bien sa vie, la femme n’aura pas besoin de travailler. Un jour pourtant, cette harmonie se brise. Une bête dispute, rien de spécial, explique-t-elle. Mais cette querelle entraîne les premiers coups. Leur vie bascule et l’horreur s’installe au quotidien. La femme se tait. Elle finit même par accepter cette situation, voire excuser son mari. Peu à peu, les proches prennent conscience de la situation. Chacun y va de son conseil bien sûr. Jusqu’au jour où la femme ne supporte plus cette situation atroce… » À la folie est donc un drame d’un grand réalisme plein d’empathie qui fait comprendre le phénomène de la violence conjugale des deux points de vue en évitant le misérabilisme. C’est rythmé, noir, intelligent et prenant.

Autre choix possible : Un homme est mort

 

La plus sexy (Sex-appeal de ses personnages et audaces des scènes d’amour)

Premières Fois

« Charnel, sensuel, brutal, tendre, obsessionnel, solitaire, soft… Le sexe recouvre une gamme infinie de premières fois. En voici dix exemples : Première fois, Sex Shop, Fantasme, 1+1, 2+1, Nulle, Club, Soumission, Sodomie et X-rated. Dix récits aussi courts que brûlants. » Une scénariste maline pour 10 dessinateurs de talent, Premieres fois constitue un one-shot cohérent qui réussit l’exploit d’être crus sans être vulgaire. En fonction de l’histoire, on passe de l’excitation sexuelle au dégout en passant par la simple curiosité. Ainsi, loin de la sordide anecdote de culs, ces histoires captent l’essence de l’instant de la vie de chacun d’entre nous, homme comme femme. C’est beau, malin et sexy.

Autre choix possible : ???

 

 

 

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un commentaire

  1. […] modèle de classement initial utilisé pour la BD d’Humour, de Fantasy, du Fantastique et de l’Intimiste. En effet, la SF étant un genre que j’apprécie beaucoup et qui est très représenté en BD, il […]

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