Mes films préférés de 2011

Drame

 

1 – La Guerre est déclarée

La Guerre est déclarée est une victoire cinématographique absolue. Souvent, il prend des airs de documentaire autobiographique sur la vie de ces jeunes parents follement amoureux faisant face à la maladie de leur nourrisson. Et quand il le fait, c’est avec finesse et précision… On y croit et l’on est touchée. Mais plus encore, ce film ménage de vrais moments de comédie qui évite tous pathos et apporte du rythme. On rit donc beaucoup. Enfin, il s’offre de belles scènes de folie esthétique avec des chansons, des musiques et des courses qui achèvent d’imposer un souffle et une originalité à cette œuvre. C’est superbe.

 

2 – Polisse

« Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs) ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs, mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables ; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… » Polisse est un film choral furieux et plein d’humanité, d’une justesse et d’un réalisme rare. Prix du jury à Cannes, il mérite bien son succès, tant ce drame alterne crise de rire et de larme, curiosité et émotion avec brio. Si personnellement, la réalisation, façon documentaire, me gêne plus qu’autre chose, la qualité du jeu d’acteur et la puissance des dialogues l’emportent sur tout bémol possible.

 

3 – Le gamin au vélo

Comme tous les films des frères Dardenne, ce « Gamin au vélo » est bouleversant de réalisme, de justesse, et d’émotion. Certes, l’histoire de ce gamin abandonné aux services sociaux est triste, mais l’incroyable mise en scène pleine de pudeur et d’ellipses évite tous pathos dommageables, pour mieux sublimer la générosité du personnage de Cécile de France. C’est beau, intelligent, parfait ! La meilleure réponse qui peut être donnée à tous les ignares qui se demandent à quoi sert le cinéma d’auteur face aux blockbusters hollywoodiens.

 

Non-sélectionnés de peu : Le complexe du castor, un heureux évènement, la couleur des sentiments, le discours d’un roi…

Comédie

 

1 – Intouchable

Difficile de passer à côté du phénomène Intouchable, avec ses 20 millions d’entrées. Pourtant au départ, cette histoire toute simple d’un riche tétraplégique qui engage un ex-tolard de banlieue comme aide à domicile, n’avait rien de bien d’original. Malgré ça, grâce à la finesse de François Cluzet et l’énergie enthousiaste d’Omar Sy, le film capte l’attention et sublime des dialogues d’une redoutable efficacité. Ça vanne. Ça touche. Ça ose le bête-et-méchant. Ça fait mouche !

 

2 – Case Départ 

« Joël est au chômage et pas vraiment dégourdi. La France, “pays raciste” selon lui, est la cause de tous ses échecs. Régis est de son côté totalement intégré. Tant et si bien, qu’il ne supporte pas qu’on fasse référence à ses origines. Réclamés au chevet de leur père mourant aux Antilles, les deux demi-frères reçoivent pour tout héritage l’acte d’affranchissement qui a rendu la liberté à leurs ancêtres esclaves dont ils se fichent éperdument. Pour les punir, une vieille tante décide de leur faire remonter le temps, en pleine période esclavagiste ! » Multipliant les vannes racistes jubilatoires, ce Visiteur inversé est d’une drôlerie burlesque mémorable. Certes, l’humour NOIR (c’est le cas de le dire) ne fait pas tout et certaines scènes sont inégales. Cependant, ne boudons pas notre plaisir. C’est une comédie et pas un précis de mise en scène. Riez donc, car grâce à Case Départ le mauvais gout impertinent est à la mode !

3 – Very Bad Trip 2 

« Phil, Stu, Alan et Doug s’offrent un voyage exotique en Thaïlande, à l’occasion du mariage de Stu. Après l’inoubliable soirée d’enterrement de sa vie de garçon à Las Vegas (le premier film), Stu ne veut rien laisser au hasard et opte pour un brunch léger, sans risque, avant la cérémonie. Mais les choses ne se passent pas toujours comme prévu… et la Thaïlande est tellement plus chaotique que Las Vegas. » Certes, la surprise est moindre (suite oblige), mais le charme comique opère encore. Rien à faire, cette course contre la montre qui enchaine les rebondissements improbables et comiques de situation me fait vraiment rire. Du cinéma popcorn de qualité qui finalement se fait de plus en plus rare.

 

Non-sélectionnés de peu : Les Tuchs, Rango, Les femmes du 6eme étages, the Artist…

 

 

Suspense

 

1 – Black Swan

Un film esthétisant et stressé sur l’univers perturbé d’une danseuse de ballets au sortir de l’adolescence qui va tout donner pour le rôle de sa vie… Malgré plusieurs longueurs contemplatives, le réalisateur parvient à sublimer son personnage, merveilleusement interprété par Nathalie Portman, par un déluge d’effets visuels spectaculaires et une intrigue allant crescendo dans l’émotion et l’intensité. Cela finit par donner un thriller puissant et musical terminant par une scène d’ores et déjà culte !

 

2 – Animal Kingdom 

Animal Kingdom est un film australien d’une force redoutable. En retraçant le quotidien domestique d’une famille de braqueur, il frappe fort et juste pour nourrir une ambiance réussie entre le drame réaliste implacable et le thriller à suspense viril. Chacun des personnages est mémorable, car joué à la perfection. En particulier, l’incroyable mère de famille qui assume un rôle bluffant de bout en bout. Le seul bémol tient dans le rythme un peu lent du film qui peut lasser… Cependant, cette lenteur rend l’histoire plus crédible tout en réussissant enfin à rendre la violence moins attractive. Une belle preuve d’audace cinématographique.

 

3 – Mélancholia

« À l’occasion de leur mariage, Justine et Michael donnent une somptueuse réception dans la maison de la soeur de Justine et de son beau-frère. Pendant ce temps, la planète Melancholia se dirige vers la Terre… la fin de l’humanité se joue peut-être ici. » Plein d’onirisme et d’émotion, ce banquet préapocalyptique est un drame qui dégage une atmosphère sidérante et hors du commun. Réalisé avec maestria, chaque plan est d’une beauté esthétique noire sans précèdent. Si le résultat est un peu trop contemplatif (donc lent), on reste fasciné par l’audace et le charme qui se dégage de ce Mélancholia. On vit avec les personnages la puérilité de leurs existences, l’angoisse de la fin qui monte, la colère futile et l’acceptation de l’inéluctable. Une leçon de vie exigeante qui marque les esprits.

 

Non-sélectionnés de peu : L’exercice de l’état, A dangerous method, Au-delà, Le moine…

 

 

Action

 

1 – Planètes des singes : Les Origines

Un bon blockbuster qui cache ses biceps pour ménager de vrais moments d’émotions simiesques. Ce film poursuit avec talent la plus grande saga SF du cinéma (oublions la bouse de Tim Burton) en trouvant un savant mélange de scène de laboratoire mégalo, de prison oppressante, et d’action révolutionnaire. En fait dans cette ode darwiniste épique, il n’y a que les humains (plats et caricaturaux) qui laisse un sentiment mitigé. Au passage, bravo pour l’animation des singes, bluffante de réalisme, à mille lieues de l’aspect artificiel/jeu vidéo d’un Avatar !

 

2 – X-men : Le commencement

Bizarrement, ce film, qui a tous de la mauvaise série B cheap, est réellement distrayant. On s’attache aux personnages malgré un mauvais jeu d’acteur. On s’amuse des rebondissements pourtant très prévisibles. En fait, on reste buggé devant ce mélange d’effets spéciaux en pagaille et de costumes ridicules kitch sortis des seventies. Tout fleure bon la nostalgie du geek qui se régale à reconnaitre ses jeunes héros à l’avance pour mieux en apprécier les premier pas. Je ne sais pas trop pourquoi, mais bien joué au réalisateur pour cette alchimie improbable de mauvais goût ludique.

 

3 – Time Out         

« Bienvenue dans un monde où le temps a remplacé l’argent. Génétiquement modifiés, les hommes ne vieillissent plus après 25 ans. Mais à partir de cet âge, il faut « gagner » du temps pour rester en vie. Alors que les riches, jeunes et beaux pour l’éternité, accumulent le temps par dizaines d’années, les autres mendient, volent et empruntent les quelques heures qui leur permettront d’échapper à la mort. Un homme, accusé à tort de meurtre, prend la fuite avec une otage qui deviendra son alliée. Plus que jamais, chaque minute compte. » Time out est un très bon film d’action basé sur un pitch de SF original, mais sous exploité. Là, où il y aurait pu y avoir une allégorie profonde du capitalisme sauvage, on suit une sorte de Bonnie & Clyde survitaminé et sexy. C’est fun, exotique et bandant… on ne pouvait pas non plus lui demander d’être intelligent.

 

Non-sélectionnés de peu : Super 8, Tinitin…

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4 Commentaires

  1. CATHARSYSTEM · · Réponse

    Joli le blog!
    Sur tous les films sortis cette année, tu en as sélectionné quasi la moitié que tu as classé par ordre de préférence…mvoui, admettons. C’est terriblement gentil, je t’ai connu plus critique!
    Mais bon, dans ceux que tu as failli choisir, je vo(m)is Tintin. Oulala heureusement que je l’ai vu en bonne compagnie sinon je me serais endormie dans le ciné. Tintin a marqué la BD soit! mais en dessin animé c’était déjà limite, et en 3D je trouve que les personnages ont pris cher…je suis étonnée que tu y ai trouvé un intérêt autre que technique Oo

  2. CATHARSYSTEM(2) · · Réponse

    J’aime bien ++ Ta conclusion sur « Case départ »: « Riez car le mauvais goût impertinent est à la mode » waaa cque t’écris bien!
    J’aime +++ Ta conclusion sur « X-Men Commencement »: « alchimie improbable de mauvais goût ludique. » Pour le coup dans cet article, le terme « mauvais goût » est super bien cuisiné dis donc xD

    Après relecture j’aurais bien aimé voir une catégorie « inclassable ». Tu as vu « Tucker & Dale fightent le mal » ?

    1. Merci pour les commentaires négatifs et positifs sur mes choix et talents littéraires douteux (;))… Cependant, j’aurais souhaité en apprendre davantage sur tes propres choix pour que, moi aussi, je puisse faire des découvertes.
      Je n’ai pas vu “Tucker & Dale fightent le mal” mais je vais prendre sur moi pour le regarder malgré son nom qui sent mauvais la série B ou le nanar gore… je dirais ici ce que j’en ai pensé.
      Enfin, pour Tintin (qui n’est pas sur mon podium), j’ai estimé qu’il était très distrayant et visuellement beau. C’est pour moi une des meilleures (et de loin) utilisations de la 3D et les rebondissements en font un film à grand spectacle amusant. Je n’ai personnellement aucun attachement au personnage de Tintin (au-delà de l’aspect historique du média BD) d’une grande platitude. Ainsi, je n’avais pas du tout envie de sanctuariser cet univers. Il a été habillement dynamisé et c’est tant mieux. Ce n’est ni plus, ni moins, qu’un Indiana Johns, dont l’animation permet les cadrages les plus fous.

    2. J’ai enfin vu ton film « Tucker & Dale fightent le mal ». C’est plutôt jouissif et drôle mais j’ai peur que la bêtise gore ne me permette pas de le revisioner avec le même plaisir. Une fois que la surprise et passé, que restera t’il ?

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